Invitée sur Europe 1 le lundi 24 août 2026, Élodie Gossuin est revenue sur une période douloureuse de sa vie. L’ancienne Miss France n’a pas mâché ses mots pour décrire son passage à la faculté de médecine d’Amiens. Un univers qu’elle qualifie de rigide et archaïque, marqué par des traditions qu’elle n’a jamais acceptées.
Des débuts prometteurs qui tournent court
À 17 ans, Élodie Gossuin débarque à Amiens avec ses valises et ses espoirs. Elle vient d’obtenir son bac scientifique et s’inscrit en première année de médecine. Très vite, le choc est rude. La jeune femme se retrouve seule, loin de sa famille, dans une ambiance qu’elle ne connaît pas.
Dans son livre Miss à nu : Confidences 100% sans filtre sur une vie tout sauf parfaite, coécrit avec Muriel Herbert et publié en février 2026, elle consacre plusieurs pages à cette expérience. L’émission de radio lui donne l’occasion d’aller plus loin dans ses révélations. Face à la journaliste, elle confie avoir vécu « les deux pires années de sa vie ».
Le bizutage, une tradition qui blesse
Ce qui a le plus marqué Élodie Gossuin, c’est l’ambiance des corporations étudiantes. Les chansons paillardes dans les amphithéâtres, les stages de bizutage obligatoires, tout un rituel qu’elle décrit comme dépassé.
Mais la pression ne s’arrête pas là. Elle raconte qu’on lui demandait de lever son t-shirt pour montrer sa poitrine. Une pratique qu’elle refuse catégoriquement. « J’étais pas dans le délire du tout », affirme-t-elle. Cette pression constante l’a vite fait déchanter.
« On te demande aussi de lever ton t-shirt, de montrer tes seins. »
Le contraste est saisissant entre l’image lisse du concours de beauté et ces années d’études qu’elle décrit comme un « enfermement global ». Elle se sent piégée, tant par le système universitaire que par sa relation amoureuse de l’époque.
- Arrivée à 17 ans
Elle s’installe à Amiens, seule, loin de sa famille, pour entamer sa première année de médecine.
- Le choc des traditions
Chansons paillardes, bizutage obligatoire : l’ambiance des corporations la heurte.
- Le refus de se soumettre
On lui demande de lever son t-shirt, elle refuse catégoriquement.
- L’enfermement
Entre la pression de la fac et une relation compliquée, elle se sent piégée.
- La réorientation
Elle quitte la fac pour une école de soins infirmiers à Compiègne, puis devient Miss France.
- La parole libérée
Vingt-cinq ans plus tard, elle témoigne dans son livre et sur Europe 1.
L’isolement et la pression psychologique
Élodie Gossuin insiste sur un point : elle n’était pas préparée. Loin de ses repères, dans une relation qu’elle qualifie de complexe avec un homme qu’elle appelle « Bob » dans son livre, elle se sent enfermée. « Rien n’allait, rien ne collait », se souvient-elle.
Cette période la marque durablement. Elle en parle encore avec émotion, même vingt-cinq ans plus tard. le système lui apparaît rigide, sans aucune place pour la bienveillance ou l’adaptation. Une expérience qui contraste fortement avec la spontanéité qu’elle décrit lors de son arrivée au concours Miss France, en jean et Doc Martens.
Une réorientation salutaire vers les soins infirmiers
Face à cette ambiance délétère, Élodie Gossuin choisit de changer de voie. Elle quitte la faculté de médecine pour intégrer une école de soins infirmiers à Compiègne. Là encore, le programme est interrompu par son élection comme Reine du Muguet en mars 2000, puis par son parcours de Miss France.
Cette bifurcation professionnelle n’a rien d’un hasard. Elle révèle une jeune femme qui refuse de se conformer à des codes qu’elle juge obsolètes. Son témoignage résonne d’autant plus fort à une époque où les questions de harcèlement et de sexisme dans l’enseignement supérieur sont au cœur des débats.
- 👉 Une arrivée à la fac à seulement 17 ans, sans préparation
- 👉 Des traditions de bizutage vécues comme une agression
- 👉 Un sentiment d’isolement renforcé par une relation toxique
- 👉 Une réorientation vers les soins infirmiers, puis vers le concours Miss France
- 👉 Un témoignage qui alimente le débat sur les pratiques universitaires
Un parcours qui questionne les méthodes d’apprentissage
Le récit d’Élodie Gossuin pose une question simple : comment l’institution médicale accueille-t-elle ses étudiants ? Ses mots décrivent un univers où la pression sociale prend le pas sur l’apprentissage. Une réalité que beaucoup d’étudiants connaissent encore aujourd’hui.
La jeune femme de l’époque n’a pas trouvé sa place dans ce moule. Et elle l’assume. Son succès ultérieur, comme Miss France puis comme animatrice, prouve que d’autres chemins mènent à l’épanouissement. Son livre, paru cette année, permet à chacun de comprendre pourquoi ces deux années restent gravées comme une blessure.
Cette prise de parole a une résonance particulière en 2026. Les langues se délient sur les réseaux sociaux et dans les médias. Le témoignage d’une personnalité aussi connue qu’Élodie Gossuin aide à mettre en lumière des pratiques qui n’ont pas leur place dans l’éducation moderne. Et si son parcours inspirait d’autres étudiants à briser le silence ?
Pourquoi elle a fui la fac de médecine
Est-ce que le bizutage est encore courant en fac de médecine ?
Des pratiques de bizutage existent toujours dans certaines corporations, même si elles sont interdites par la loi. La parole se libère davantage depuis quelques années.
Faut-il forcément passer par la fac pour devenir médecin ?
En France, la voie principale reste la PASS ou la LAS, mais d’autres parcours existent. Le témoignage d’Élodie Gossuin montre que quitter la fac n’est pas un échec.
Ça vaut le coup de lire son livre Miss à nu ?
Si on aime les confidences sans filtre, oui. Elle y raconte son passage à la fac, mais aussi sa vie de Miss France et ses années à la télé.
Qu’est-ce qui l’a le plus marquée dans cette expérience ?
Le sentiment d’enfermement global, entre la pression du bizutage et une relation amoureuse toxique. Elle insiste sur le fait qu’elle n’était pas du tout préparée.
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Fondatrice de Nutriclair, master en sciences de la nutrition à Lyon, dix ans de presse santé avant de lancer son média. Cuisine la majorité des recettes publiées et anime des ateliers nutrition en associations lyonnaises.
5 commentaires
Merci Manon pour cet article. En informatique on dit ‘ne jamais faire confiance à la legacy code’, ces traditions sont du legacy toxique.
Son refus de ces pratiques montre une belle force intérieure. Le bien-être passe par le respect de soi, pas par ces traditions malsaines.
Ces traditions sont comme une recette ratée : mieux vaut la jeter et recommencer. Bravo Élodie.
Merci Manon pour ce témoignage. Le stress social peut impacter le microbiote, bien d’avoir fui.
Comme une terre malmenée, un bizutage forcé ne fait que tuer la vocation. Refuser est sain.